Si je vous parle du jeu tout en finesse et en rapidité d’exécution d’un Lionel Messi, de la hargne d’un Carlos Tévez ou de la solidité défensive d’un Gabriel Heinze cela ne vous dira pas forcément grand chose. Ici ce sont des héros nationaux. Des stars. Des idoles. Cela se sent dans l’air, dans l’ambiance des rues. Le football est partout ! Du serveur qui arbore son maillot de l’équipe nationale, en passant par tous les magasins en rapport avec le foot, ou au nombre des jeunes qui y jouent dans les nombreux parcs parsemant Mendoza, et j’en passe des meilleures. Le pire vient quand l’équipe nationale joue. Tout le pays est électrisé. Il retient son souffle. Le match est diffusé sur presque tous les postes de télévision. Que ce soit le prof en fac’ ou bien le propriétaire de son petit commerce tout le monde y va de son commentaire, de son encouragement. Bref on ne peut y échapper !
Soucieux de notre intégration dans ce magnifique pays nous avons décidé de nous y mettre. Alors cela fait maintenant environ un mois qu’avec les copains français on s’est acheté un ballon et que l’on se donne rendez-vous deux fois par semaine pour aller taquiner la baballe dans les parcs. Mais vous devez vous dire ça doit être vraiment ennuyant de jouer juste entre français ? Eh ba non ! Car si vous aviez suivi vous auriez vu qu’il y a plein d’Argentins qui jouent comme nous dans les parcs. Et donc généralement nous avons à peine le temps de s’installer que déjà quelques uns d’entre eux arrivent pour proposer un petit match et c’est là que les choses sérieuses commencent…
Oui. Passons à la grande question qui nous tracasse tous : qui est le meilleur, France ou Argentine ? En fait, il y a deux écoles radicalement opposées. Commençons par l’école Argentine si vous le voulez bien. Déjà il faut reconnaître qu’ils sont souvent très bons ces ………. Bref, ils enchaînent les gestes techniques, passement de jambes, dribbles en tout genre et en plus de ça se permettent d’être rapides. Assez rageant je dois le reconnaitre car en un contre un c’est la loose et souvent j’ai envie de leur casser les jambes (je vous rassure : je me retiens). Que ce soit moi ou mes compatriotes on est très souvent largués. Et pourtant… on gagne souvent ! Ahah ! Comment cela peut donc se faire ? Notre secret ? Tout est dans le réalisme et le jeu en équipe, ce que l’on a nommé, en toute modestie bien sûr, l’efficacité européenne. Parce que le grand problème des Argentins très souvent est de multiplier les grigris, de s’obstiner à vouloir mettre son but, même si, en tirant on a un angle minable et qu’un copain est démarqué et bien placé et n’attend que la passe pour la mettre tranquillement au fond des filets. Nous, de notre côté, on fait des passes toutes simples en faisant tourner la balle jusqu’à s’approcher du but, puis la petite passe en retrait et il n’y a plus qu’à enfoncer d’un plat du pied et le tour est joué. Et voilà notre formule secrète.
Cependant, dû à la brièveté de ce billet, j’ai été un peu schématique, réducteur… Certains Argentins malheureusement ne sont pas persos. Et là c’est le drame. Et avant-hier… on est tombé sur une équipe rapide, technique et… collective. On s’est pris une misère… Maudits Argentins !